Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a envoyé une lettre le 14 juillet aux intervenantes en petite enfance pour les remercier de leur travail au cours des derniers mois.

Voici une suggestion de réponse pour lui indiquer que ça suffit les mercis! Cliquez ici pour lui envoyer. Vous aurez la possibilité de la personnaliser.

Ça suffit les mercis!

Monsieur Lacombe,

Permettez-nous de réagir à votre dernière lettre où vous remerciez les intervenantes en petite enfance pour leur travail exceptionnel durant la pandémie. Vous ajoutez que ces femmes ont « tout (votre) respect et (votre) admiration. »

Bien que nous soyons convaincues que votre lettre découle de bonnes intentions, nous la recevons avec un goût amer. Nous sommes exténuées de ne recevoir que des mercis.

Depuis le 13 mars, le réseau des services éducatifs à la petite enfance est chamboulé. Les intervenantes en petite enfance ont vu leurs tâches augmentées, sans aucune prime ou reconnaissance additionnelle, contrairement à plusieurs autres travailleurs de services essentiels.

Alors que la pandémie aurait pu vous permettre de reconnaître tout le travail effectué pour le développement global de nos tout-petits dans des conditions loin d’être optimales, vous êtes resté les bras croisés pour nos conditions de travail.

Vous plaiderez que vous avez maintenu les pleins salaires des intervenantes en petite enfance durant la pandémie. Selon vous, on devrait même vous remercier pour cela! Or, cette façon de penser illustre bien que notre réseau de services éducatifs est extrêmement précaire. Si les intervenantes devaient être payées durant les services de garde d’urgence, c’est parce qu’on avait besoin d’elles. C’est parce qu’il fallait préparer la reprise. Avez-vous demandé à vos fonctionnaires de vous remercier de ne pas les avoir mis à pied? Ces deux poids, deux mesures démontrent que l’État nous voit encore comme du cheap labor.

Pour nous, les mercis ne veulent plus rien dire. Les intervenantes en petite enfance méritent une véritable reconnaissance, à commencer par une reconnaissance salariale. C’est le temps de poser des gestes concrets : nous en avons ras-le-bol de se faire chanter la pomme.